"Non je n'ai pas d'enfants"
12 nov. 2008 A plusieurs reprises, je me suis surprise à répondre avec beaucoup de spontanéïté, sans hésitation aucune, aux personnes qui me demandaient comment j'allais : "Oui ça va !", alors que "Non ça ne va pas du tout !!!".
Tout récemment, il y aura une semaine demain, je me suis surprise à répondre très naturellement par la négative à un collègue qui me demandait si j'avais des enfants.
Si j'en avais eu (des enfants), j'aurai réalisé qu'en face de moi, il y avait un auteur connu de livres pour enfants.
Au même moment où je répondais "Non, je n'ai pas d'enfants", je me demandais pourquoi je ne disais pas la vérité. J'aurai pu dire en version courte mais radicale, que "si j'ai un enfant mais au cimetière", ou en version plus légère "si mais malheureusement ma fille est morte".
Mais à quoi bon lui dire cela ? Et pourtant, c'était répondre aussi à sa question : je n'en ai pas, mais j'en ai eu un.
A ce moment précis je me suis demandée pourquoi nous devions vivre notre malheur en le niant constamment.
Parce que les autres ne sont pas prêts à l'entendre.
Car nous on crève d'envie d'en parler, car ça nous soulage quand eux ça les embarrasse.
Que notre malheur soit notre parcours en Pma ou la perte d'un enfant.
A toi petite Soazic, tiens bon.