:-))) Strike
03 févr. 2010 Mon dilemme a été de trouver un titre, une "accroche" à ce fameux article, celui de l'après.
Non par manque d'inspiration bien au contraire, mais plutôt par excès de liesse.
Ayant peine à trancher, j'ai choisi " :-))) " qui en langage de la toile résume assez bien l'ensemble.
J'aurai pu l'intituler :
- Strike
- Mon séjour à Bora Bora
- La boucle est bouclée
- Un mois après Noël c'est encore Noël
Je vais donc commencer par le début, c'est encore ce qu'il y a de plus simple :
Strike (cf. Vivement le strike ! ) car enfin la dernière étape a été franchie.
A 03h30 : le lundi 25 nous arrivions aux urgences gynécologiques, les premières vraies douleurs de règles se faisant plus fortes et une petite perte de sang m'ont fait pensé que...
Le col était toujours à 1 à notre arrivée. Monitoring. Contractions de plus en plus fortes : on me garde !
Ce sera un bébé du 25 janvier !
On est trop content car enfin on y est !!! :-)))
A 06h30 : direction la baignoire à dilatation. Contractions de plus en plus fortes.
A 07h30 : sortie de la baignoire : col à 3-4. Re monitoring.
Vers 09h00 : passage en salle d'accouchement et on est toujours trop content !!!
09h45 : par 5 fois (!) tentative de pose de la péridurale... contractions très rapprochées : on ne peut piquer entre deux contractions donc on pique quand même ! Enfin le médecin anesthésiste, qui commençait à désespérer (et moi aussi par la même occasion) parvient à me piquer.
On m'arme également d'un joystick pour que je puisse gérer la dose en fonction de la douleur. Le système est muni d'une sécurité permettant de délivrer une quantité donnée de produit sans risque.
On s'apercevra plus tard que sur les 21 demandes de dose que j'ai faite, seules 7 ont été validées ! Ca vous donne une échelle de la gestion de la douleur (...), enfin de la mienne ;)
A côté une femme n'a pas choisi la péridurale. J'ai mal pour elle. Et puis je me dis "Quelle sauvage ! On n'est plus au Moyen-Age, elle n'a pas à m'imposer ses hurlements !!!". Je mets le walkman, mais du coup cela me coupe de ma "communion" avec Monsieur Djemie... Quelle conne !!!
11h00 : col toujours à 3-4 et haut ! On décide de percer la poche des eaux... la galinette en charge de la chose, après avoir cherché ses outils pendant un long moment, a bien du mal à se dépatouiller toute seule.
C'est une élève sage-femme appuyée par une sage-femme de quelques années son aînée, 25 ans environ.
On est toujours trop content d'être là ! :-)))
La poche des eaux a bien été percée puisque la sage-femme sent des cheveux ! On est trop content de notre futur Titeuf !!! :D Poche des eaux percée mais pas de liquide qui mouille la table... paraît que ça arrive... soit.
12h00 : col toujours à 3-4 et haut ! On décide de m'injecter de l'ocytocine pour accélérer le travail, car en théorie le col s'ouvre d'un centimètre par heure... je ne fais semble t-il pas dans la théorie... La galinette toujours cherche le mode d'emploi de l'appareil pour injecter le produit (...).
Ca va que j'ai de la "bouteille", ça m'amuse plus que cela me stresse mais bon quand même... Ce qui était rigolo c'est que plein de personnes rentraient dans cette salle d'accouchement pour prendre des ustensiles et que la galinette elle ne trouvait jamais les siens !
Puis, les sages-femmes me font allonger sur le côté droit puis le côté gauche avec un coussin d'allaitement pour favoriser la descente dans le bassin.
13h00 : gygy passe et est contente elle aussi : le col est ENFIN passé à 5, haut mais mou !
5 c'est le début pour passer aux choses sérieuses. Encore une heure de monito.
On est toujours trop content ! :-)))
La surveillance du monito se fait par la galinette et la jeune sage-femme. Elles semblent inquiètes mais n'anticipent pas mon ressenti. C'est moi qui la première leur demande "et si, et si, et si... on fera une césarienne ?". Pas de réponse franche. Peut-être...
Peu importe comment cette petite brioche sortira, on est toujours trop content nous, mais j'ai le sentiment que pour elles, c'est tabou, qu'elles n'osent pas me parler de césarienne.
14h00 : la galinette par précaution - mais toujours sans me dire qu'on a de grandes chances pour aller au bloc pour une césarienne - me pose une sonde urinaire.
Je ne suis pas née de la dernière pluie, monsieur Djemie non plus, et on comprend bien que les choses sérieuses vont commencer, mais peut-être pas avec autant de sérénité et de décontraction (paradoxalement avec toutes ces contractions ! ).
On perd le coeur de notre petite brioche. On me fait tourner côté droit, côté gauche, re côté droit, re côté gauche.
Une ribambelle de toubibs et autres rentrent dans la salle.
On presse la galinette pour la pose de la sonde. Elle n'y parvient pas. Un sage-femme s'en charge.
Je leurs dis qu'ils commencent à me faire peur. Je sais qu'on me prépare pour la césarienne en urgence mais on ne me l'a toujours pas annoncé !
Mon pouls passe de 90 à 154 et celui de notre brioche descend jusqu'à 64 puis plus rien.
On est débranchée.
A peine le temps d'embrasser Monsieur Djémie, d'un calme imparable, alors que je sais qu'intérieurement il tremble comme une feuille morte, que j'arrive au bloc avec l'air des montagnes. Je dois respirer profondément par le nez pour oxygéner ma petite brioche.
Je vois mon parcours de merde défiler. Je pense à vous, à ce que je vais vous annoncer ou pas sur cette naissance. Je me dis que "Non si prêt du but, ce n'est pas possible, pas encore une merde !". Je me dis que ça n'arrive qu'aux autres, mais quand même souvent à nous. J'ai peur que ma brioche ne soit plus vivante. Je le dis au médecin anesthésiste qui m'injecte quantité de produit et qui sans cesse me répète de respirer profondément pour oxygéner bébé.
14h16 : quand gygy dit que tout va bien, que j'entends un cri et que le staff me confirme qu'il s'agit bien de celui de mon bébé, je sais que ma petite brioche vit ! Et plus elle pleure, plus je suis heureuse, plus je pleure ! :-)))
14h23 : on me l'apporte en me disant que c'est une petite fille. On me demande son prénom, je raconte la petite (grande) histoire. Le tirage du 8 mai dernier (cf. Tirage du 8 mai 2009 ), le jour de la Victoire. Ce jour où la sage-femme qui nous a annoncé le BétaHCG positif, nous a aussi dit que le prénom était donc tout trouvé. ;)
Victoire me regarde intensément, elle est assise au niveau de ma tête, elle me tire la langue, puis baille aux corneilles. On se regarde de longues minutes, on se découvre, je n'ose l'embrasser et lui caresse avec mon index sa joue droite.
:-)))
Et le papa ? Ah oui le papa !
Il attend depuis plus d'une demie-heure assis dans un transat, il angoissait et on le comprend !
Quand on lui demande le prénom de sa fille, il est incapable de répondre, il pleure.
Il part pour deux heures en peau à peau avec Victoire dans la nurserie.
Je reste 2h30 en salle de réveil. La péridurale a plus que fonctionné puisque je ne sens plus mes membres supérieurs non plus ce qui semble un peu inquiétant et puis... tout va de mieux en mieux...
17h00 : j'arrive à Bora Bora enfin !
A suivre : Mon séjour à Bora Bora.