Jouer les prolongations
03 déc. 2009Celui de se dire que dans peu de temps, à peine deux mois, ce sera l'accouchement, la naissance.
Le ventre se dégonflera, le petit volcan sortira.
Se dire qu'on en chie des années pour n'en profiter que si peu de temps.
Avant je désirais un enfant, mais je n'avais pas intégré la grossesse dans ce désir.
Line69 a évoqué ce sentiment dans un de ces articles d'ailleurs (cf. link).
Maintenant que je connais ce que c'est, je n'ai pas du tout envie de m'en séparer.
J'aime cet état, ce petit volcan en moi.
Je n'ai paradoxalement pas hâte de le voir en dehors de ma poche à bébé.
Avant la PMA, j'avais peur de l'accouchement.
Aujourd'hui ce n'est pas tant la peur, c'est que je n'ai pas envie d'accoucher.
Des années d'attente contre 9 mois. C'est encore une fois pas juste !
Et ce d'autant plus que dans nos parcours PMA, avant d'en profiter pleinement il y a du chemin à faire dans nos têtes tellement on est toujours suspendu aux possibles mauvaises nouvelles.
J'aimerai jouer les prolongations, car ce sera peut-être bien la seule et unique fois où je connaîtrais cet état.
Pour le père c'est différent, il vit par procuration cette grossesse et a hâte de voir sa progéniture en vrai.
Pas moi. Pas moi parce que je sens le petit volcan et cela suffit à me combler.
C'est un drôle de sentiment.
Celui de se dire que peut-être dans mon inconscient, je ne serai pas prête le jour du terme, le jour de l'accouchement.
Il va pourtant falloir s'affranchir de cet état de plénitude et se dire que l'autre partie, en dehors de la poche à bébé, vaut certainement aussi le coup. Comme quand je désirais un enfant avant... sans prendre conscience que la grossesse ça allait de pair, aussi bête que cela puisse paraître.
Mais ce sera certainement la première et dernière fois que cette chance, la grossesse, se sera présentée.
C'est en cela que c'est difficile de se dire que dans si peu de temps déjà, le petit volcan ne sera plus jamais qu'à moi, mais à tous les autres !
Bouhhhhhhh :(((