J'avais en partie déjà publié dans la rubrique Revue de presse de ce blog, quelques articles relatant les débats sur la prise en charge des traitements contre l'infertilité au Canada. J'avais omis d'annoncer que nos cousins canadiens ont enfin accès gratuitement aux traitements contre l'infertilité.

Sauf que, chez nos cousins canadiens, du fait de cette bonne nouvelle, les couples sont sur liste d'attente, et ce n'est pas nos pauvres listes d'attente françaises de trois mois...

Lisez plutôt  l'article qui suit de Sarah-Maude Lefebvre publié le 23 septembre dernier sur http://www.24hmontreal.canoe.ca/24hmontreal

Fécondation in vitro : des listes d’attente bondées pour au moins trois ans
Les couples infertiles qui pensaient pouvoir accéder facilement à des traitements de fécondation in vitro, en raison de leur gratuité, devront prendre leur mal en patience. Le ministère de la Santé estime qu’il faudra de deux à trois ans avant que les listes d’attente, actuellement bondées, diminuent un tant soit peu.

 

Depuis le lancement en grande pompe il y a 7 semaines du programme de couverture gratuit des traitements de procréation assistée, les trois cliniques privées qui offrent ce service à Montréal peinent à répondre à la demande.

Or, les couples infertiles sont loin d’être au bout de leur peine, puisque le ministère estime que les listes d’attente ne diminueront pas avant au moins « deux ou trois ans ».

« C’est normal qu’il y ait des ajustements. Le but de ce programme était de donner accès aux couples à la fécondation in vitro sans les pénaliser en prenant plusieurs années à développer ce service », affirme Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du ministère de la Santé et des services sociaux du Québec.

Plus de 3500 interventions seront réalisées cette année et Québec estime pouvoir franchir le cap des 7000 interventions 2014-1015.

 

« C’est Cendrillon à minuit » - Dr Barrette

« On l’avait prédit dès le début », soupire le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette.

Ce dernier avait effectué une sortie publique conjointe avec l’Association des obstétriciens gynécologues du Québec, en juillet dernier, pour mettre en garde Québec au sujet de la gratuité des traitements de procréation assistée, affirmant que le système de la santé n’était « pas prêt » pour un programme d’une telle ampleur.

« Les ressources actuelles n’ont pas la capacité de répondre à la demande. À mon avis, il faudra au moins cinq ans avant que tout ne fonctionne correctement. C’est vraiment dommage d’annoncer des choses qui n’arrivent pas à des familles qui espèrent. Ce dossier, c’est le carrosse de Cendrillon qui se transforme en citrouille », blâme-t-il.

 

Déjà des mois d’attente

De son côté, la directrice administrative de la clinique de fertilité Ovo, Carole Rhéaume, n’est pas « étonnée » par les prévisions du gouvernement. .

« Avant même que les traitements de fertilité deviennent gratuits, en août, nous avions déjà une liste d’attente de 600 personnes. Nous avons dû depuis doubler nos activités et notre personnel pour pouvoir servir tout le monde. Le téléphone ne dérougit pas et le temps d’attente est maintenant de trois mois », confirme-t-elle.

Même scénario du côté du seul établissement public à pratiquer des interventions, l’Hôpital Royal-Victoria, où le temps d’attente est présentement estimé à deux mois. « Nous nous attendons à avoir beaucoup plus de demandes cet hiver et les listes d’attente pourraient s’allonger », prédit Hananel Holzer, directeur du Centre de reproduction McGill.

Un traitement de fécondation in vitro coûte près de 15 000$. Plus de 3500 interventions seront réalisées cette année, pour un budget total de 25 millions de dollars. Québec estime pouvoir en financer 7000 en 2014-1015 pour un peu plus de 60 millions de dollars.

 

 

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