Evaluer ses chances en FIV
08 août 2010Publié le 02/08/2010 à 18:27 Le Point.fr
Par Anne Jeanblanc
Des chercheurs américains ont mis au point un modèle permettant de mieux prédire les chances d'avoir un bébé après un cycle de fécondation in vitro, selon une étude récemment publiée aux États-Unis dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Ce modèle s'appuie sur les données recueillies chez la femme pendant un cycle précédent ayant échoué. Actuellement, près des trois quarts des cycles de FIV n'aboutissent pas. Et, jusqu'à présent, le pronostic reste essentiellement basé sur l'âge.
Pour mieux évaluer les chances de grossesse de chaque femme, Prajna Banerjee, de la faculté de médecine de Stanford (Californie), et ses collègues ont d'abord analysé cinquante-deux variables cliniques et embryonnaires dans 1.676 premiers cycles de FIV. Vingt de ces variables sont connues avant le début du premier cycle et les autres deviennent disponibles pendant ou à la fin du traitement. Parmi toutes ces variables, trente sont associées, de manière positive ou négative, à l'issue de la FIV en termes de naissance vivante. Par exemple, le taux de fécondation normale et celui de développement embryonnaire au stade blastocyste (un stade très précoce) sont associés aux chances de succès, tandis qu'un diagnostic de réserve ovarienne diminuée et le nombre d'ovocytes non fécondés augmentent les risques d'échec.
Les chercheurs ont alors utilisé ces trente variables pour prédire les chances de succès lors de 634 cycles ultérieurs. Ce modèle s'est avéré 1.000 fois plus fiable que la simple prédiction basée sur l'âge. Par rapport à cette dernière, leur modèle prédisait des probabilités différentes de naissance vivante pour 83 % des premiers cycles et 60 % des cycles ultérieurs. "Nous avons montré que les données d'un précédent cycle peuvent être efficacement utilisées pour fournir des probabilités de naissance vivante personnalisées et validées lors d'un cycle ultérieur", concluent les auteurs, ajoutant que cette approche doit être confirmée. Selon eux, ce nouveau modèle prédictif pourrait transformer le premier cycle en test pronostique et stimuler la confiance des patients pour poursuivre la FIV ou, au contraire, envisager des alternatives comme le don d'ovocytes ou d'embryons.