Un tiers !
Un tiers des accouchements sont des naissances attendues, voulues, désirées, aimées.
Oui vous lisez bien 33,3333333333333333333333333333333333333333333 % de couples qui sont comme dirait FuturP "à donf" !

D'où est-ce que je tiens ce chiffre ???! :D
Je ne l'ai pas interviewé. Elle nous l'a dit spontanément au cours d'une conversation.
De mon adorable sage-femme (Ma 1ère séance d'acu prénatale... ) qui nous a invité à manger la galette aujourd'hui (*).

Les deux tiers restant, les 66,6666666666666666666666666666666666666666666 %, qui sont-ils ?
Je vous en passe et des meilleures, mais la majorité étaient sur le point de se séparer, n'ont pas voulu cet enfant, ou seul l'un des deux l'a voulu (la mère très souvent et j'allais dire évidemment), mais bon il est là alors maintenant il faut qu'il sorte, faut lui donner un putain de prénom (engueulade sur la table d'acccouchement) et puis putain il faut que la famille soit prévenue (re engueulade) etc etc.

Alors la bonne nouvelle c'est que nous les invalides qui parvenons enfin à ce stade faisons partie du 1/3 !
Car l'histoire ne dit pas s'il s'agit d'un tiers composé exclusivement de PMAistes ;)

La moins bonne nouvelle, c'est que des mômes issus de Machin et Machine (cf. l'article du même nom sur http://happy-end.over-blog.com/) ou de Toto et Totoche (cf. l'article du même nom sur http://val.over-blog.net/) n'auront pas cette chance. En l'espèce, ces futurs petits ne sont pas des accidents pour autant certes... ils tombent juste dans des familles ayant un rapport un peu étrange (à mon sens) avec ce que peut représenter le désir d'enfant, c'est d'ailleurs plus pour ces couples, ou souvent l'un d'eux, plus un "subir" d'enfant qu'un désir d'enfant... mais ces couples sont valides, disons "gamètement" parlant...

J'ai une expérience avec un Machin et une Machine. Quand on en chie depuis des années et que je me vois confier qu'un couple a sérieusement du plomb dans l'aile, ce qui me peine pour eux sincèrement, mais que quelques semaines plus tard, on m'annonce que le polichinelle est dans le tiroir, là j'avoue, quand on me demande à être heureux pour eux, j'ai du mal à me réjouir. Faut peut-être pas déconner non plus et me prendre pour la Samaritaine !

J'ai aussi une expérience avec un Toto et une Totoche. Ce sont pour nous maintenant des "ex". Qu'ils s'étonnent de ne plus avoir de nos nouvelles alors même qu'ils n'en n'ont pas pris alors qu'ils savaient qu'on rentrait en PMA, et qu'ils nous annoncent sur le post-scriptum d'une carte postale que la famille va s'agrandir, ça n'est pas passé. Je suis la bonne copine pour écouter la difficulté à faire un deuxième petit (sans PMA je précise !), mais je ne suis certainement pas la bonne copine à qui on demande comment elle va en PMA.

Je n'en dis pas plus, je n'en pense pas moins.
Je ne leur en veux pas. Je ne les envie pas non plus.

Simplement, encore une fois, le valide ne se met jamais à notre place.
Il ne le peut pas tout simplement parce que le valide pense d'abord à sa goule.
Démonstration à l'appui : si parfois le valide a essayé de faire preuve d'empathie envers les invalides, ça le dépasse très rapidement.
Car, l'invalide fait peur !
Il est combatif, pugnace, pas seulement courageux, il est téméraire aussi ! Une bête de compétition alors que "gamètement" parlant c'est un gros nul !
Il est tout cela pour endurer la PMA. Il est devenu aussi comme cela avec la PMA-pas-le-choix.
Et le valide lui n'est rien de cela (pense t-il) et n'en serait pas capable.
D'ailleurs son couple n'y résisterait pas.
Sa hantise, avouée ou pas, inconsciemment ou pas, c'est bien ça : devoir passer par la PMA !
Et les invalides que nous sommes représentons cela : le bordel de merde pour avoir un enfant !
Alors quand l'horloge biologique tourne, qu'il faut être parent et quand leur tour arrive et qu'ils vont être parents, ils sont très joyeux. Très très joyeux même d'y être parvenus sans avoir du être combatif, pugnace, pas seulement courageux mais aussi téméraire.
Ils n'ont pas eu à développer ces "compétences".
Ils sont heureux de ne pas avoir du passer par la case PMA et comme on les comprend !

Encore une fois, ce sont nous les invalides qui les comprenons. 
Eux ils sont toujours "à côté", "pas dedans".
N'osent plus demander où nous en sommes dans les traitements, la grossesse ou autres, parce que nous représentons des couples en désir d'enfant. Et que quelque part, ils sont mal à l'aise eux avec leur "subir" d'enfant.
Un invalide, ça reste pour eux un boulet, un boulet combatif, pugnace, courageux et téméraire !
Ils éprouvent, comme nous, un sentiment très contradictoire, sur comment se comporter avec nous.
Il n'empêche que ceux qui en chient ce sont nous, pas eux.
Qu'on ne se trompe pas : il me semble que quand on a la chance d'être valide, on tend la main à l'invalide.
La main lâche souvent... le valide n'est pas suffisamment fort, il faut l'excuser il n'a pas fait PMA ! ;)
Sans médire le valide, je suis convaincue, que ce dernier est incapable d'entretenir avec un invalide des relations amicales "comme avant la PMA" et je pense que l'invalide ne doit pas s'attendre (malheureusement) à une quelconque aide d'un valide.
Pendant ce long temps de la PMA, ces relations cessent définitivement ou sont mises entre parenthèse.

Je ne crois pas être très loin de la vérité.
Si seulement les Machin/Machine, Toto/Totoche osaient s'exprimer sur leur ressenti vis-à-vis de nous les invalides, ça m'aiderait à affiner ou corriger l'analyse.

(*) solidarité entre expat ;)
 

Retour à l'accueil