Ce soir je suis allée avec l'oisillon renvoyer un colis.

 

L'oisillon ne voulant plus marcher depuis quelques jours, je rentre avec elle à bout de bras dans le magasin-qui-renvoie-les-colis et qui me dit :

- Ah non ce genre de colis je ne les reprends pas ! :)))

 

Je sors alors mon (vrai) colis de mon sac.

Oui j'ai un sac si grand qu'on peut y mettre des colis ! ;)

 

Puis je demande s'il a du Cerdon.

Je précise que le magasin-qui-renvoie-les-colis est caviste.

Le gars est étonné car même lui le caviste il ne connaît ce produit que depuis peu.

J'ai de la chance donc car il en a donc depuis peu.

J'achète deux bouteilles.

 

J'aime bien aller chez ce gars et parce qu'il est sympa, même si j'ai pas besoin, j'ai envie d'acheter chez lui !

Mon caviste je lui achète autant de fois que je vais chercher un colis, c'est pas souvent, mais il me reconnait dans la rue !

Mon caviste il me plait et ses blagues aussi.

 

Bref, je ressors et j'ai envie d'acheter des joujoux pour mon oisillon-toujours-en-mode-bernique-dans-les-bras.

Mes bouteilles font "diguiling diguiling".

 

Un mec, un passant quoi, pas moche, m'interpelle :

- Vous ne pouvez pas passer inaperçue ! :D

 

C'est clair entre l'oisillon dans les bras, les bouteilles qui tintent, mon sac à main géant spécial colis, mes valoches sous les yeux...

 

Le passant pas moche me souhaite une bonne soirée.

Je suis étonnée, on est en pleine ville et j'ai la tête sale.

 

Bref, j'arrive au magasin de joujoux.

Je cherche des puzzles car l'oisillon adore ça.

 

L'oisillon embarque un ours tiré d'un lit de poupon et un lapin tout doux tiré d'un cheval à bascule.

La commerçante me demande si elle peut l'assoir sur le cheval.

L'oisillon s'y assoit.

La commerçante montre à l'oisillon qu'en appuyant sur l'oreille du cheval il hennit !

L'oisillon ne pense plus qu'à descendre en marche.

 

Puis l'oisillon se met à la batterie. Elle me paraît d'un coup très familière de ce type d'engin.

Je demanderai à la crèche si en éveil musical ils ont une batterie.

 

Je trouve un puzzle en bois Oui-Oui dont elle est fan depuis ses dernières hausses de températures (merci les poussées dentaires) et des puzzles évolutifs Elmer.

 

La commerçante est toujours aussi sympa.

Décidément il me plaît ce quartier : que des sympas !

 

Je donne ma carte de fidélité, je paie.

La commerçante toujours aussi sympa me donne une pièce en chocolat pour l'oisillon et lui donne une image !

 

Puis je passe le pas de la porte et gromelle à mon oisillon :

- Ah non j'ai les bras bien pris (en plus de tout ce que j'ai cité ci-dessus il faut rajouter le sac rempli de puzzles).

 

Mais l'oisillon s'accroche comme un koala à son eucalyptus.

Donc je me baisse et la prend dans mes bras.

 

- Aurevoir Madame !

"Vous n'êtes pas enceinte ?"

- Ah non...

"Parce que les enfants le sentent plus tôt et ça pourrait expliquer qu'elle s'accroche à vous"

- Ah bah non je ne pense pas, je ne crois pas...

" Ca serait bien un petit frère ou une petite soeur !?!"

- Ah oui ce serait une belle surprise !

 

SI ELLE SAVAIT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Je me retiens de lui dire :

- Semblerait que je sois enceinte côté CPAM et du vôtre aussi, mais dans mon cas c'est IMPOSSIBLE et mon slip en est la preuve (J1 semaine prochaine) !

 

Sont sympas dans ce quartier, ça me rappelle le mien il y a peu où j'étais Exonérée de grossesse

 

Il y a quelques temps, quand j'étais de l'autre côté de la barrière, si j'étais rentrée dans ce magasin avec mon neveu ou ma nièce, si on m'avait fait ce type de remarque, j'en aurai chialé.

Je me serai rendue malade.

Il y a peu j'aurai été contrariée encore.

Ce soir je consigne cette histoire comme un fait divers ou plutôt un comble, un clin d'oeil qui me fait penser que toute ma vie la PMA sera en moi. Toute ma vie même si je n'y mets plus le nez dedans, l'infertilité et son lot de douleurs (et de couleurs parfois aussi) se rappelleront à moi.

 

Aujourd'hui avec l'immense chance d'avoir un oisillon il n'y a plus de douleur, en tout cas plus la même, juste un souvenir d'y être passée,  mais il y a cette pensée indélébile qui fait que même si je suis de l'autre côté de la barrière, je suis restée suffisament longtemps du côté si douloureux et si injuste que je me sens toujours de ce côté là, du côté de ceux qui n'ont pas tout tout cuit tout de suite.

 

Je pense à celles qui sont encore dans la bagarre, qui en chient encore. J'ai de la compassion et de l'empathie.

 

 

Légitimement je pense que ce billet à sa place dans la catégorie "Une bonne blague en 2011 ?" :D

 

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